PAIX GENERALE ET SECURITE FRAGMENTEE
L'Afrique dans/et le nouvel ordre sécuritaire mondial
Anatole AYISSI
Directeur de Projets
Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR
English
Le 18 mars de 2000LUTTER POUR LA PAIX EN AFRIQUE: "LE BUCHER DES VANITES"?
L'ère des confontations et des divisions [.] a pris fin. Nous déclarons [.] une nouvelle ère, celle de la démocratie, de la paix et de l'unité [.]. OSCE, "Charte de Paris pour une Europe nouvelle." 1990
La fin de la Guerre froide [.] est une bénédiction. C'est un moment plein de promesses. George Bush, "America's Role in the World",(Le Rôle des Etats-Unis dans le monde), 1993
Nous pouvons envisager une nouvelle ère [.]. Nous nous situons à un début prometteur. Bill Clinton, "Discours à la 52ème AG ONU." 1997
La paix demeure précaire dans de nombreuses régions du monde. De plus, les processus de paix dans de diverses régions [.] ont tendance à se dénouer de façon douloureuse. Kofi Annan, Partnership for Global community, (Partenariat pour la communauté mondiale). 1998
En ce qui concerne les problèmes de paix et de sécurité, l'immédiate après Guerre froide a été caractérisée en Afrique par deux tendances rivales et radicalement opposées: On trouvait, d'une part, une inclinaison à la Mort et au Désespoir, qui tait essentiellement marquée par une augmentation importante des points de violence sur tout le continent. Pour de nombreux africains, les grandes attentes de la fin de la Guerre froide, relatives à une toute nouvelle ère de paix et de convivialité ont été déçues au moment précis où le reste du monde célébrait la chute du Mur de Berlin et du rideau de fer. On trouvait, d'autre part, une inclinaison, égale et puissante, à la Vie et à l'Espoir. Stimulée par les nouvelles opportunités (de paix) que promettait un "nouveau monde sur lequel la confrontation entre les super puissances ne pesait plus", la communauté internationale en général, et les Nations Unies en particulier, se sont engagées dans des efforts majeurs visant à s'attaquer au fléau de la violence de masse sur le continent. En Somalie, au Rwanda et dans d'autres "enfers terrestres" africains, des milliers de soldats de la paix furent envoyés et des milliards de dollars furent dépensés en vue de "rétablir la paix" et de "restaurer l'espoir." Ces tentatives mondiales et substantielles s'avérèrent, malheureusement, impuissantes. En dépit d'une volonté politique et d'un engagement sincères, la paix ne fut pas réconstruite et l'espoir loin d'être rétabli. Au contraire, l'univers africain de la violence armée devint "le bûcher des vanités" de la communauté internationale. En Somalie, par exemple, la démonstration de force quasi "hollywoodienne" des Marines américains fut noyée dans un flot de sang et de larmes. Au Rwanda, malgré la présence de forces de maintien de la paix onusiennes, l'Afrique gratifia le monde d'une des dernières grandes tragédies humaines de cette fin de siècle: en deux semaines, des centaines de milliers de personnes furent sauvagement sacrifiées sur l'autel abominable de la haine ethnique. En Angola, l'expérience continue de prouver que malgré une sécurité mondiale indiscutable dans un monde libéré de la menace collective d'un holocauste nucléaire, notre "village global" n'est, en fait, qu'un univers ambigue de sécurité pronfondément fragmentée.
La mutation tragique de la plupart des conflits armés africains en ce que Jakkie Cilliers et Greg Mills appellent "des alertes complexes" fait des opérations de rétablissement de la paix sur le continent des épreuves dans lesquelles il est dangeureux de s'engager. En conséquence, une nouvelle politique de réduction des effectifs de soutien aux opérations de paix africaines a succédé à l'exubérante "euphorie de l'ère du maintien de la paix de l'après Guerre froide." En 1994, par exemple, "âge d'or" des opérations de soutien de la paix de l'après Guerre froide, avec plus de 80 000 troupes de 77 pays dispersées dans le monde entier pour un budget de 34 milliards de dollars, 70% des déploiements ont eu lieu en Afrique. Par constraste, cinq ans plus tard, en 1998, sur les seize opérations de paix des Nations Unies en cours dans le monde, seules quatres se déroulent en Afrique. Ce revirement drastique s'explique par la réticence grandissante des contributeurs de troupes "à faire courir des risques déraisonnables à leurs soldats", de même que par "la volonté générale de ne pas s'impliquer dans des opérations coûteuses en vies humaines et en ressources." Les fantômes de Mogadishu (Somalie), où dix-huit marines américains furent tués, en octobre 1993, et le cauchemard de Kigali (Rwanda), où dix soldats belges chargés du maintien de la paix furent exécutés quelques mois plus tard, continuent de hanter une communauté internationale de plus en plus terrifiée par les tragédies africaines.
La combinaison de (1) la fin de la Guerre froide, (2) des espoirs (mondiaux) de paix et (3) de la chute (régionale) de l'Afrique dans l'abîme d'une violence de masse grandissante n'a jamais été vraiment comprise par la diplomatie traditionnelle de gestion de crise. Cette incapacité organique à comprendre les défis présents explique ce désengagement regrettable en Afrique. Puisque la situtation ne pouvait être comprise, il n'y a avait pas de raison pour que les soldats du maintien de la paix soient maintenus en un lieu transformé en cimetière des préjugés bien ancrés. Naturellement, l'aide, le soutien, la volonté et l'engagement en faveur de la paix en Afrique se déterioraient au moment même où ils étaient le plus nécessaires. Certains des acteurs principaux du système international ont renforcé cette tendance par des déclarations qui auraient pu être considérées - et ont été considérées - comme les "paragidmes" d'une "nouvelle théorie" relative aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Ce fut le cas du président Bill Clinton dans un discours prononcé, en octobre 1993, devant l'Assemblée générale des Nations Unies, lorsqu'il déclara que "les Nations Unies devaient apprendre à dire "non" aux opérations de maintien de la paix qui n'étaient pas réalisables."
Dans le même temps, de "l'autre côté du mirroir", dans de la réalité cruelle des champs de bataille africains, les effets dramatiques d'une violence grandissante, notamment du point de vue de ses pertes humaines, connaissaient une extraordinaire croissance. En Afrique centrale (Rwanda, Burundi, Angola et deux Congo), en Afrique occidentale (Libéria, Sierra Leone, Guinée-Bissau), dans la "Corne du continent" (Ethiopie, Erythrée, Soudan), au Maghreb (Algérie), on assistait à d'horribles démonstrations de violence. Dans des pays tels que le Libéria, le Rwanda ou la Sierra Leone, la démarcation très ténue entre le Bien et le Mal s'estompait. Les nouvelles formes indiscibles d'une violence déshumanisée et déshumanisante furent inventées et la Vie comme la Mort des êtres humains finirent par n'avoir plus "aucun sens".
Il fallait évidemment agir. Absolument. Rapidement. Mais la diplomatie traditionnelle de rétablissement de la paix restait silencieuse, paralysée aussi bien par l'étendue, sans précédent, de l'escalade de la violence que par son impuissance structurelle. Toutes choses égales par ailleurs, rien de pouvait logiquement être fait. Et, on ne fit quasiment rien, si ce n'est gérer les urgences (humanitaires).
C'est certainement pour "expliquer" cette situation difficilement compréhensible que les Nations Unies ont mentionné, à maintes reprises, cette évidence: il n'y a pas de paix sans véritable volonté de paix au niveau local:
Ce fut le cas lorsque le Conseil de sécurité décida que le temps était venu d'abandonner la Somalie à ses propres démons. A cette occasion, le Conseil de sécurité reconnaissait que "le manque de progrès dans le processus de paix en Somalie [.] en particulier le manque de coopération suffisante de la part des parties somaliennes sur les questions de sécurité, a fondamentalement sapé les objectifs des Nations Unies en Somalie et, dans ces circonstances, le prolongement de l'ONUSOM II ne peut être justifié après mars 1995."
Quelques mois auparavant, lorsque le même scénario était reproduit au Rwanda, dans des circonstances bien plus dramatiques, de la même façon, le Conseil de sécurité exprimait son "profond regret face à l'incapacité des parties à mettre complètement en oeuvre les clauses du l'Accord de paix d'Arusha, notamment les clauses relatives au cessez-le-feu;" par conséquent, le Conseil de sécurité, "indigné [et] horrifié par la [.] violence déployée à grande échelle au Rwanda [.], vivement préoccupé de constater le prolongement des combats, des pillages, des actes de banditisme et de l'effondrement de la loi et de l'ordre [autorise] une réduction de la force, conformément aux paragraphes 15 à 18 du rapport du Secrétaire général, daté du 20 avril 1994." De façon plus explicite, l'option des "paragraphes 15-18" stipulait simplement une révision à la baisse de l'engagement des Nations Unies au Rwanda. Dans ces quatres paragraphes, le Secrétaire général recommandait, comme une option possible (parmi d'autres), une réduction de la MINUAR, de 2545 hommes à "un groupe restreint de [casques bleus] dirigé par le commandant de la force, avec le personnel nécessaire." Ce "groupe restreint" devait "rester à Kigali pour servir d'intermédiaire aux deux parties, en vue de les amener à s'entendre sur un cessez-le-feu, cet effort devait être poursuivi sur une période d'au moins deux semaines, ou plus, selon la volonté du Conseil.
Quelques années plus tard en Angola, un scénario quasiment identique était repris avec la même logique implacable.
Les barons africains de la guerre avaient manifestement très bien retenu la leçon relative aux moyens les plus efficaces de faire partir d'Afrique les hommes du maintien de la paix des Nations Unies!
LUTTER POUR SURVIVRE DANS UN MONDE DE PAIX GENERALE ET DE SECURITE FRAGMENTEE: LA GRANDE ILLUSION DE LA SECURITE COLLECTIVE
Apparemment, il ne s'agissait pas ici d'un "nouvel ordre mondial", même si cela avait indiscutablement la forme d'une nouvelle ère mondiale. Il devint de plus en plus évident que le "village global" se dirigeait droit vers un monde radicalement différent, dans lequel la fragmentation de la sécurité, en théorie et en pratique, semblait être un des paramètres clés de la transition en cours vers un "nouvel ordre". Et, pour que l'Afrique se fraye une voie dans ce nouvel univers mondial, il fallait que les Africains déploient un nouveau raisonnement. Il leur fallait faire preuve d'innovation. Il ne s'agissait pas seulement d'un impératif politique. Il ne s'agissait pas seulement d'une obligation morale. C'était, d'abord et surtout, une question de survie.
Pendant un demi siècle, la paix générale du monde avait été garantie par l'illusion puissante d'une "sécurité collective", telle qu'élaborée dans le Chapitre VII, article 39, de la Charte des Nations Unies: "Le Conseil de sécurité constate l'existence d'une menace contre la paix, d'une rupture de la paix [.] et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises [.] pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales." Les mécanismes de sécurité collective onusiens n'ont de sens que dans un monde vivant collectivement dans la menace nucléaire de "destruction massive" (nuclear "massively assured destruction" (M.A.D.). Dans la mesure où l'on considère des "petites guerres avec des armes de petit calibre dans de petits pays", cette puissante illusion de "sécurité collective" perd tout son sens et devient absurde. Comment, par exemple, la rupture de la paix, de l'ordre et de la stabilité dans un petit Etat d'Afrique, sans impact réel et déterminent sur l'ordre "légitime" de la paix et de la sécurité internationales, peut-elle concrètement faire figure de point urgent de l'ordre du jour du dispositif universel de sécurité collective?
L'histoire montre, pourtant, que "les petites guerres des petits pays" étaient à l'ordre du jour du Conseil de sécurité. Cette contradiction apparente s'explique par le fait que les Nations Unies constituent, en vérité, un forum diplomatique. Et, on pouvait s'attendre à de sérieuses complications (diplomatiques) si l'on n'avait pas pris en considération ces questions "mineures" de sécurité internationale ou si on les avait simplement effacées du calendrier du Conseil de sécurité. Pendant la Guerre froide, cette question épineuse était généralement (très diplomatiquement) écartée en déclarant que dans le cas de certaines guerres légères une intervention des Nations Unies représentait une "menace pour la paix et la sécurité internationales" (conformément à l'article 39). De cette manière, dès qu'une résolution du Conseil de sécurité déclarait qu'une situation de violence constituait une "menace pour la paix et la sécurité internationales" cette situation devenait (diplomatiquement), de fait, ce qu'elle avait été désignée comme étant. Grâce à ce "subterfuge", des opérations de Chapitre VII - "de rétablissement de la paix" - ont été rendues possibles dans des pays tels que la Somalie et le Rwanda. La fin de la Guerre froide a profondément modifié, partout dans le monde et en Somalie et au Rwanda, en particulier, cette façon de penser et d'agir. Soudainement, l'illusion d'un sécurité collective, maintenue et appréciée de façon collective perdait son aspect puissamment illusoire. Les conditions qui avaient permis la création discursive de cette réalité avaient disparu. Désormais, les petits pays et leurs petites guerres sans impact déterminant sur la configuration légitime du pouvoir mondial étaient confrontés à une vérité, alors, dévoilée: (indépendamment de leur impact moral et de leur coût en vies humaines) les conflits armés ne constituent pas tous ce que la Charte des Nations Unies qualifie de "menace pour la paix et la sécurité internationales." Les conflits armés ne sont pas tous "susceptibles de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales" (articles 33, 34, 37, etc. de la Charte des Nations Unies) En conséquence et au-delà de l'attrait rhétorique de la "globalisation" et de l'hypothèse plaisante qui fait du monde un "village global", nous avons, en réalité, assisté à un processus de "démondialisation" - ou de régionalisation - de la gestion des conflits mettant l'accent sur la sécurité régionale:
Les Balkan pour l'Europe et les Grands Lacs pour l'Afrique; Le Kosovo pour l'OTAN et le Libéria pour la CEDEAO.
CAPACITE AFRICAINE DE MAINTIEN DE LA PAIX: LE CHORUS
Dans ce contexte "réaliste" (aucun pays étranger ne voulant prendre des "risques inutiles" en Afrique), on a, soudainement, entendu des appels exubérants en faveur de la constitution de capacités africaines de maintien de la paix. Voici quelques unes des voix les plus notoires qui se sont fait entendre au sein de cet appel mondial en faveur de la mise en place de capacités africaines régionales de maintien de la paix.
Dans une adresse aux ambassadeurs africains de l'OUA, prononcée à Addis-Abeba, le 10 octobre 1996, le Secrétaire d'Etat américain, Warren Christopher, déclarait que "le temps était venu de construire avec vos propres compétences un nouveau partenariat politique et militaire" entre l'Afrique et les Etats-Unis. L'Amérique pensait que ce "nouveau partenariat" mènerait à la constitution d'une "Force africaine de réaction aux crises" - ranimée plus tard sous forme d'une Initiative africaine de réaction aux crises. Quelques mois plus tôt, le Secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires africaines avait déclaré que l'objectif des Etats-Unis était d'aider l'Afrique à acquérir la capacité de prendre en charge sa propre destinée.
Au cours de leur dix-huitième Sommet, le 30 octobre 1995 à Londres, la France et le Royaume-uni déclaraient clairement qu'il appartenait, en tout premier lieu, aux Africains de régler leurs conflits. Ils promirent d'apporter leur aide à la construction de capacités de paix africaines. En Belgique, le ministre des Affaires étrangères, Erik Derycke, mettait l'accent sur la "responsabilité des Africains eux-mêmes" dans le domaine de la gestion de leur sort. Kofi Annan, alors Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix, mettait en avant la "responsabilité d'aider l'Afrique à se construire ses propres capacités afin qu'elle puisse elle-même se porter secours."
Dans un discours, prononcé devant la 51ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies, Lamberto Dini, le ministre italien des Affaires étrangères mentionnait la responsabilité qui incombait à la communauté internationale d'aider l'Afrique à "consolider ses capacités de construction de la paix." Deux ans auparavant, dans un adresse à la 49ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Douglas Hurd, insistait sur la nécessité de doter l'Afrique d'un mécanisme efficace et durable de maintien de la paix.
François Mitterrand, alors président français, dans un discours prononcé devant ses collègues africains à la 18ème Conférence des chefs d'Etats d'Afrique et de France, prononcé à Biarritz (France), le 8 novembre 1994, faisait mention des discussions informelles qu'il avait eu avec certains dirigeants africains qui pensaient que le temps était venu de doter l'Afrique de capacités africaines de maintien de la paix. Commentant ces discussions, le président français estimait que l'idée était bonne et insistait sur le fait qu'il incombait aux Africains de "définir la forme, les misions, de même que les conditions opérationnelles" de telles capacités. La France promit son aide.
Apparemment, l'Afrique a pris cet appel en considération - il s'agissait en fait d'une mise en garde! Après le choc provoqué par la sensation de négligeance et d'abandon d'après Guerre froide (en Somalie, au Rwanda, en Sierra Leone, au Burundi, au Libéria, etc.), les Africains commencèrent à s'efforcer de prendre sérieusement en charge leur destinée en matière de paix et de sécurité. Sur tout le continent, des initiatives prometteuses visant à l'établissment de "mécanismes de paix" ou "d'accords de sécurité" régionaux virent le jour: Pour ne mentionner que quelques unes des ces nouvelles ambitions de maintien de la paix:
En mai 1992, un Comité permanent pour les questions de sécurité en Afrique centrale fut créé en Afrique centrale;
En juin 1993, un Nouveau mécanisme de prévention, de gestion et de résolution des conflits fut institué au sein de l'OUA.
En juillet 1993, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) révisa son traité constitutif et le dota d'un ordre du jour conséquent en matière de paix et de sécurité (voir article 58 du Traité révisé).
En juin 1996, la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC) établi un Organe sur la politique, la défense et la sécurité. En novembre 1999, le Kenya, l'Ouganda la Tanzanie signèrent le Traité d'Arusha, relatif à ce qu'ils baptisèrent "la nouvelle communauté d'Afrique orientale". Cette nouvelle institution avait un important mandat sécuritaire.Il semble, manifestement, que l'Afrique ait bien retenu une des leçons élémentaires du nouvel ordre mondial sécuritaire, à savoir: nous vivons dans un monde de paix générale et de sécurité fragmentée. Les populations africaines traduiront-elles les initiatives positives mentionnées plus haut par des actions concrètes, tout cela ne reste, pour l'instant, que de belles paroles apposées sur des feuilles de papier? Telle est la question.
NOTES ET REFERENCES
Les points de vue exprimés dans cet article ne relèvent que de l'auteur.
- U.S. Department of State Dispatch Supplement, volume 5, number 2, February 1994.
- Le Bûcher des Vanités (The Bonfire of the Vanities), est le titre d'un roman de Tom Wolfe, publié en 1987.
Sur les questions, théoriques et de doctrines, relevant de la paix et de la sécurité dans le monde après la Guerre froide, voir:
- Barry Buzan, "New Patterns of Global Security inthe twenty-first Century," (Les nouveaux modèles de paix globale au XXIème siècle) International Affairs 6 67(3), July 1991, pp.431-451;
- Adam Roberts, "A New Age in International Relations?" (Relations internationales: une nouvelle ère?),International Affairs 6 67(3), July 1991, pp. 509-525;
- Ken Booth,"Security in Anarchy: Utopian realism in Theory and Practice (La sécurité dans l'arnarchie: réalisme utopique en théorie et en pratique),"International Affairs6 67(3), July 1991, pp. 527-545;
- Richard Wyn Jones, Security, Strategy, and Critical Theory (Sécurité, stratégie et théorie critique) (Boulder, Co.: Lynne Rienner,1999);
- Buzan, Barry, "Rethinking security after the Cold War," (Repenser la sécurité après la Guerre froide), in Cooperation and Conflict. 32(1) Mar. 1997: 5-28;
- Barry Buzan, People,States and Fear: an Agenda for International Security Studies in the Post-Cold War Era, (Individus, Etats et Peur: Ordre du jour pour les études sur la sécurité internationale à l'ère de l'après Guerre froide), (New York: Harvester Wheatsheaf, 1991);
- Barry Buzan, Security : a new Framework for Analysis, (Sécurité: un nouveau cadre de travail pour l'analyse), (Boulder, Colo. L. Rienner, 1998).
- Jakkie Cilliers and Greg Mills (eds.), From Peacekeeping to Complex Emergencies (Pretoria: South African Institute of International Affairs and Institute for Security Studies, 1999), p. 1.
- "Discussion of Lessons Learned from UNAMIR," http://www.un.org/Depts/dpko/lessons/rwandisc.htm, p. 4.
- "Discussion of Lessons Learned from UNAMIR," http://www.un.org/Depts/dpko/lessons/rwandisc.htm, p. 2.
- This "meaninglessness" of Life and Death was still perceptible in Sierra Leone for instance, when the author visited the "amputated camp" in Freetown in November 1999.
- S/RES/954 (1994) of 4 November 1994,
- S/RES/912 (1994) of 21 April 1994,
Sur la notion intéressante d'un ordre international "légitime", voir Henry Kissinger, A World Restored (Le Monde restauré). Le terme "léger" n'est pas employé ici dans un sens moral: d'un point de vue moral pour nous, dès qu'une vie humaine au moins est perdue à la guerre, cette dernière ne peut plus être qualifiée de "petite" ou "légère". Toutefois, lorsque l'on se penche sur la dimension stratégique de cette question, on qualifie de "guerre légère", tous les conflits armés n'ayant pas d'impact déterminent sur l'ordre international légitime en place. Tel est le cas de beaucoup de guerres africaines, en dépit de l'aspect moral, nombre d'entre elles sont chargées et lourdes en tragédies humaines. Le monde "redécouvrait", en effet, le riche potentiel du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
Déclaration de l'Assemblée des chefs d'Etats et de gouvernements sur la constitution, au sein de l'OUA, d'un Mécanisme de prévention, de gestion et de résolution des conflits, 29ème session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'Etats et de gouvernements de l'OUA, Le Caire, Egypte, 28-30 1993, OAU doc.AHG/DECL.3 (XXIX).
Africa Policy Information Center
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